Tirée du site Heralogic, qui l'a tiré du site Gallica, la Bibliothèque Nationale Française.
NOTICE HISTORIQUE SUR LES HONNEURS DE LA COUR
Preuves de Cour
Pour être présenté jadis à la cour de France, il suffisait d'obtenir
l'agrément du roi par sa
haute naissance, ses
fonctions, ses
services ou ses
talents.
Nulle règle ne précisait le choix et ne limitait le nombre des admissions.
La difficulté des voyages et l'habitude alors presque universelle parmi la noblesse de vivre, en temps de paix, retirée dans ses châteaux au fond de sa province, empêchaient la plupart des gentilshommes d'ambitionner l'honneur d'être admis à la Cour et restreignaient à un très-petit nombre les demandes en présentation.
Mais la
magnificence et les
plaisirs dont s'entoura
Louis XIV ayant amené à Versailles la centralisation de la noblesse française, tous les membres de cet ordre aspirèrent ardemment à
se rapprocher du trône et à
partager les grâces et les faveurs que la généreuse libéralité du prince prodiguait aux courtisans.
Les salons, les galeries du palais n'étaient plus assez vastes pour les réceptions, et les carosses qui suivaient Sa Majesté à la chasse, plus assez nombreux pour les dames de la cour.
Il devenait urgent de remédier à ces embarras et surtout de faire droit aux vives réclamations de la haute noblesse, qui revendiquait le
privilége exclusif d'approcher du souverain.
Voici le moyen dont on s'avisa.
La présentation, laissée jusqu'alors à
l'arbitraire et au
caprice du prince, fut, à partir de la majorité de Louis XV, soumise à une forme plus régulière.
Pour être admis aux
honneurs de la cour, c'est-à-dire aux
cercles, aux réceptions, aux bals du roi et de la reine,
pour monter dans les carrosses de Sa Majesté et
l'accompagner à la chasse, il fallut occuper un
haut rang parmi la noblesse et faire un simulacre de preuves de son ancienne extraction.
On tint en outre, depuis l'an 1730, un registre exact des personnes qui avaient joui de ces honneurs.
Mais bientôt ces formalités devinrent impuissantes contre la
faveur,
l'intrigue et
l'ambition.
Plus on cherchait à restreindre le nombre des admissions, et plus la difficulté leur donnait de prix et les faisait briguer avec ardeur.
Les requêtes en présentation suivaient une progression toujours croissante ; elles devinrent si générales et parfois si surprenantes, qu'il fallut recourir à un nouveau remède.
Louis XV approuva, le 31 décembre 1759 , un règlement dont la mise en vigueur n'eut lieu qu'en avril suivant.
La minute originale est conservée aux archives nationales.