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 * LES HONNEURS DE LA COUR * par M. Borel d'Hauterive (1849)

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* Versailles *
Grand Manitou


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Date d'inscription: 16/06/2008

MessageSujet: * LES HONNEURS DE LA COUR * par M. Borel d'Hauterive (1849)   Ven 4 Juil - 9:39

Tirée du site Heralogic, qui l'a tiré du site Gallica, la Bibliothèque Nationale Française.

NOTICE HISTORIQUE SUR LES HONNEURS DE LA COUR


Preuves de Cour


Pour être présenté jadis à la cour de France, il suffisait d'obtenir l'agrément du roi par sa haute naissance, ses fonctions, ses services ou ses talents. Nulle règle ne précisait le choix et ne limitait le nombre des admissions. La difficulté des voyages et l'habitude alors presque universelle parmi la noblesse de vivre, en temps de paix, retirée dans ses châteaux au fond de sa province, empêchaient la plupart des gentilshommes d'ambitionner l'honneur d'être admis à la Cour et restreignaient à un très-petit nombre les demandes en présentation.

Mais la magnificence et les plaisirs dont s'entoura Louis XIV ayant amené à Versailles la centralisation de la noblesse française, tous les membres de cet ordre aspirèrent ardemment à se rapprocher du trône et à partager les grâces et les faveurs que la généreuse libéralité du prince prodiguait aux courtisans. Les salons, les galeries du palais n'étaient plus assez vastes pour les réceptions, et les carosses qui suivaient Sa Majesté à la chasse, plus assez nombreux pour les dames de la cour. Il devenait urgent de remédier à ces embarras et surtout de faire droit aux vives réclamations de la haute noblesse, qui revendiquait le privilége exclusif d'approcher du souverain. Voici le moyen dont on s'avisa.

La présentation, laissée jusqu'alors à l'arbitraire et au caprice du prince, fut, à partir de la majorité de Louis XV, soumise à une forme plus régulière. Pour être admis aux honneurs de la cour, c'est-à-dire aux cercles, aux réceptions, aux bals du roi et de la reine, pour monter dans les carrosses de Sa Majesté et l'accompagner à la chasse, il fallut occuper un haut rang parmi la noblesse et faire un simulacre de preuves de son ancienne extraction. On tint en outre, depuis l'an 1730, un registre exact des personnes qui avaient joui de ces honneurs.

Mais bientôt ces formalités devinrent impuissantes contre la faveur, l'intrigue et l'ambition. Plus on cherchait à restreindre le nombre des admissions, et plus la difficulté leur donnait de prix et les faisait briguer avec ardeur. Les requêtes en présentation suivaient une progression toujours croissante ; elles devinrent si générales et parfois si surprenantes, qu'il fallut recourir à un nouveau remède. Louis XV approuva, le 31 décembre 1759 , un règlement dont la mise en vigueur n'eut lieu qu'en avril suivant. La minute originale est conservée aux archives nationales.


Dernière édition par * Versailles * le Ven 4 Juil - 9:47, édité 1 fois
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* Versailles *
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Date d'inscription: 16/06/2008

MessageSujet: Re: * LES HONNEURS DE LA COUR * par M. Borel d'Hauterive (1849)   Ven 4 Juil - 9:46

[...]


Cérémonial des présentations à la Cour


On appelait honneurs de la cour l'avantage d' être admis aux cercles du roi, aux bals de la reine et de suivre les chasses royales dans les carrosses de Sa Majesté.



  • La présentation, pour les seigneurs, était la cérémonie la plus simple. Le premier gentilhomme de service nommait au roi la personne en lui donnant la qualification qu'il portait. Si l'impétrant n'avait pas de titre féodal, il fallait qu'il en choisît un parmi ceux de marquis, comte, vicomte ou baron, excepté ceux de duc et de prince, que le roi s'était réservé de conférer ou d'approuver. On exigeait cette formalité pour le bon air et la décoration de la cour de France. Il en était de même pour l'état militaire, et, depuis Louis XV, Sa Majesté faisait toujours donner un titre à l'officier de ses armées auquel il accordait le grade de colonel. On s'informait souvent de celui que le promu désirait porter, afin de le mettre dans le brevet avant de le faire signer. Ces qualifications purement personnelles ne passaient pas ou ne devaient point passer à la postérité même masculine et directe de l'impétrant ; les parlements ne les admettaient jamais dans les procès, parce qu'elles n'avaient été ni vérifiées, ni enregistrées. C'était donc des marquis ou des comtes à brevet.

    Le roi répondait au salut du présenté par un signe de tête, et quelquefois il lui adressait des paroles flatteuses sur lui, sur ses parents ou ses ancêtres. Ensuite le nouveau courtisan suivait le roi à la chasse, et désormais il pouvait aller à toutes les réceptions du château. C'était là ce qu'on appelait monter dans les carrosses du roi.


  • Pour les dames il y avait plus d'étiquette et d'apparat. Après avoir attendu les ordres de Sa Majesté dans une pièce voisine, la nouvelle présentée, en grand costume, était introduite dans le grand cabinet par les deux dames de la cour qui lui servaient de patronesses. Le roi ne lui adressait pas toujours la parole, mais il faisait un signe paternel et gracieux ; puis il embrassait la présentée sur une seule joue si elle était simple femme de qualité, sur les deux quand elle était duchesse ou grande d'Espagne, ou qu'elle appartenait à une famille en possession des honneurs du Louvre et du titre de cousin du roi.

    La dame, toujours accompagnée de ses introductrices, allait ensuite chez la reine et s'inclinait profondément devant elle en ayant l'air de s'agenouiller et de vouloir porter à ses lèvres le bas de la robe de Sa Majesté, qui s'empressait de le faire retomber par un léger coup d'éventail. La dame s'éloignait ensuite à reculons et tâchait de ne pas s'entortiller les pieds dans son manteau de cour, dont la queue traînait de six à huit aunes. Si elle était duchesse ou grande d'Espagne, avant de se retirer elle s'asseyait quelques minutes en présence de Sa Majesté ; ce privilége de s'asseoir devant la reine, privilége dont elle jouissait à l'avenir, s'appelait vulgairement avoir le tabouret.
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* LES HONNEURS DE LA COUR * par M. Borel d'Hauterive (1849)

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